PROGRAMMES D’ACTIONS

La Maison de la transhumance développe, soutien ou participe à des programmes d’actions dans les domaines de la valorisation économique, patrimoniale ou environnementale de la transhumance, et plus globalement de l’élevage pastoral. Ces programmes sont la plupart conduits en partenariat avec de nombreux organismes, dans des dimensions départementales, régionales, nationales, européennes ou méditerranéennes.

PASTEURS, PAYSAGES

Réalisés entre 2012 et 2015, un inventaire photographique des paysages pastoraux de Provence-Alpes-Côte d’Azur et une collecte ethnographique de témoignages, ont permis de procéder à l’état des lieux de l’élevage pastoral de la Région dans les secteurs ovin, bovin, caprin et équin. Eleveurs, bergers, manadiers ou gardians, hommes et femmes que l’on dira pasteurs, y disent la réalité de leur vie, face aux paysages qu’ils façonnent.

Une première exploitation de ces missions aboutit en juin 2016 à la publication d’un ouvrage de 240 pages, illustré d’une centaine de quadrichromies dont cinquante panoramiques, coédité par les Editions Actes Sud et la Maison de la transhumance : Pasteurs, Paysages – Pastoralisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur (photographies Lionel ROUX, textes Jean-Claude DUCLOS et Patrick FABRE). Associant le témoignage d’une cinquantaine d’hommes et de femmes, éleveurs et bergers des six départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, aux paysages qu’ils façonnent par leur relation à l’animal, les auteurs de cet ouvrage proposent une lecture de tout ce que leur activité génère. Dans cette région, riche de la grande variété des paysages méditerranéens où l’élevage pastoral a conservé sa place, cette activité entretien la biodiversité naturelle de près d’un million d’hectares, des plaines littorales aux montagnes des Alpes.
Résultat d’un projet de vie dans un espace donné, le paysage, ici décrypté par l’image et le témoignage, devient lisible dans tout ce qu’il implique. Pour les pasteurs, éleveurs, manadiers, bayles, bergers, bergères ou gardians qui ont confié ce qui donne sens à leur vie, comme pour ses spectateurs, le paysage est alors « ressource où vivre peut indéfiniment puiser ». Empruntée au philosophe François JULLIEN, cette idée forte inspire chacune des pages de ce livre humaniste.

Une seconde valorisation s’est matérialisée par l’organisation d’un colloque intitulé « Elevage pastoral, espaces protégés et paysages en Provence-Alpes-Côte d’Azur » le 8 décembre 2016 au siège du Crédit Agricole Alpes Provence (Aix-en-Provence), en partenariat avec le CERPAM et l’ARPE. Les actes sont à paraître en septembre 2017 aux Editions La Cardère.

Une exposition itinérante dans les six départements de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur est désormais envisagée. Elle monterait comment de précieux paysages résultent du fragile équilibre maintenu par le rapport que des hommes et des femmes entretiennent avec les animaux qu’ils élèvent.

Renseignements : Maison de la transhumance

VÊTEMENTS DE RANDONNEE EN LAINE MERINOS D’ARLES

La race mérinos se caractérise par sa haute spécialisation dans le domaine de la production de la laine. Elle est également connue pour sa grande rusticité et sa capacité d’adaptation à des milieux forts dissemblables. Ces caractéristiques ont rendu possible son acclimatation dans les cinq continents.
La laine mérinos est une fibre naturelle et performante, douce, qui ne gratte pas, chaude dans le froid et fraiche dans la chaleur. Elle est respirante pour empêcher la moiteur et ne retient pas les mauvaises odeurs. Elle régule en outre la température corporelle, bénéficie d’un excellent rapport poids/chaleur et accompagne les mouvements. Ces qualités ont permis le développement récent d’une gamme de vêtements techniques (vestes, pulls, sous-vêtements, tee-shirts, collants, tours de cou, chaussettes, bonnets…) dans un domaine, celui de la randonnée, de la montagne et de l’itinérance, à partir de laines mérinos venant de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Australie).
La race mérinos d’Arles a été créée en Pays d’Arles il y a plus de deux cent ans pour améliorer la qualité des laines issues des races locales. Après avoir été la base d’une économie florissante, subie plusieurs crises successives, suite à l’ouverture des marchés mondiaux et la concurrence des fibres synthétiques, la laine n’est aujourd’hui plus qu’un sous-produit de l’élevage ovin, orienté désormais vers la production de viande d’agneaux.
Associée à l’Unité de Promotion de la Race (UPRA) mérinos d’Arles et à une société spécialisée (DAL GRANDE Naturfasern), la Maison de la transhumance développe depuis 2014 un projet de vêtements techniques en laine mérinos d’Arles dans le domaine de la randonnée et de l’itinérance.
Une première phase a permis de vérifier la faisabilité du projet. La finesse de la laine mérinos d’Arles permet de réaliser certains types de vêtements techniques : pulls, vestes, chaussettes et accessoires (bonnets, tour de cou…), tee-shirts, mais pas de sous-vêtements (collants, boxers…) qui nécessitent une laine plus fine et des mèches plus longues.
A ce jour, seules sont commercialisées des chaussettes, composées de 80% de laine mérinos d’Arles. Elles comportent une pointe anatomique pour une meilleure coupe et présentent également de nombreux détails techniques : support du tendon d’Achille et du cou-de-pied, rembourrage du talon, couture pour prévenir les ampoules…
L’objectif, à terme, est de proposer une gamme de vêtements de randonnée, valorisés sous les marques déposées « LA ROUTO » et « MERINOS D’ARLES SELECTION ».

Renseignements : Maison de la transhumance – Voir également notre boutique en ligne sur ce site.

BERGERIE DE LA FAVOUILLANE

Sise sur une propriété du Grand Port maritime de Marseille, au
domaine du Radeau (commune de Port-St-Louis-du-Rhône), la bergerie de la Favouillane est le dernier exemplaire de bergerie à contreforts, abside et couverture de sagne du delta du Rhône et le vestige encore en fonction d’une architecture dite vernaculaire, remontant à l’Antiquité (cf. bergeries romaines de la Crau).

Rappel des faits
Lorsqu’en 1972, la Cie des Salins du Midi, héritière du Radeau, possédé depuis 1881 par la Cie générale des Produits chimiques du Midi, cède ce domaine de quelque 400 ha au Port autonome de Marseille (PAM), dans le cadre des acquisitions foncières destinées à l’industrialisation de la zone de Fos-sur-Mer, elle se réserve le droit de démonter et transférer la bergerie à Listel pour y aménager un musée du vin. En 1974, cependant, la commission des affaires culturelles de la Fondation du Parc naturel régional de Camargue plaide pour sa restauration in situ et alerte les autorités. Mais en vain, car le PAM insiste pour qu’elle soit transférée. M. Vincent PORELLI, député-maire de Port-St-Louis-du-Rhône, finit cependant par obtenir sa conservation in situ et signe, en 1980, une convention dans laquelle le PAM s’engage à conserver et restaurer la bergerie sur le domaine du Radeau, à la condition qu’elle ne fasse pas l’objet d’une protection réglementaire au titre des monuments historiques. Des travaux sont alors entrepris en novembre 1980 et se sont poursuivis jusqu’en août 1981. Les murs ont été décroûtés puis enduits au mortier de chaux, les pierres des contreforts et du pignon rejointoyées, la charpente, mise à nu et partiellement restaurée, le mur pignon, consolidé par deux haubans métalliques, la couverture de sagne, entièrement refaite, l’ouverture principale, équipée d’une nouvelle porte et l’intérieur, d’un éclairage. L’éleveur ovin transhumant qui l’utilise, Constant BELLIARDO, un professionnel reconnu, accepte alors que la bergerie demeure visitable à condition que son exploitation pastorale n’en soit pas perturbée. Enfin restaurée et fonctionnelle, la bergerie semble sauvée.

Mais Constant BELLIARDO meurt subitement en 1983. Ceux qui vont lui succéder ne font pas preuve des mêmes motivations et la bergerie va commencer à se dégrader. Faute d’une nouvelle restauration, 36 ans plus tard, la bergerie déjà très endommagée, disparaîtra.

L’objectif que défend la Maison de la transhumance avec le soutien du Parc naturel régional de Camargue et l’écoute du Gd Port de Marseille, consiste à retrouver sur place, une unité pastorale pouvant recevoir un troupeau d’un millier de tête et décider un éleveur compétent à s’y installer dans le cadre d’une convention. Le site du Radeau et la Favouillane restaurée constitueraient alors une « vitrine » de l’élevage ovin transhumant dans sa phase hivernale dont la Maison de la transhumance se chargerait de la mise en valeur.

Renseignements : Maison de la transhumance

SAUVEGARDE DU CHIEN BERGER DE CRAU

Le chien berger de Crau était autrefois très présent dans les grands troupeaux transhumants de Provence. Chien rustique au caractère affirmé, il était notamment utilisé pour  « faire la route  » vers les Alpes lors de la transhumance estivale, jusqu’à la fin des années 1970.
Il a été depuis largement remplacé par d’autres races, comme le Beauceron ou plus récemment le Border-collie. Il est toutefois toujours présent dans les élevages de Provence-Alpes-Côte d’Azur, quelques bergers et éleveurs passionnés se le transmettant de génération en génération.
En 2008, la Maison de la transhumance et la Société Centrale Canine se sont mobilisés autour de la reconnaissance de ce chien de travail en tant que race. Une telle reconnaissance assure en effet le soutien des structures officielles et donne de plus grandes chances de survie à cette population. Un premier état des lieux a ainsi été réalisé quant à la présence effective de ces chiens (mesures, premier inventaire).
En 2009, un premier rassemblement  a été organisé lors de la foire de la Saint-Valentin de Saint-Martin-de-Crau. En 2010, une association a été créée : l’Association de Sauvegarde du chien « Berger de Crau ».
Cette association a pour principaux objectifs de regrouper les propriétaires de chiens, d’établir un standard de la race en tant que chien de travail, la sauvegarder, la promouvoir, ainsi que de mettre en œuvre un inventaire du cheptel existant et un suivi génétique. Elle organise chaque année un rassemblement lors de la foire de Saint-Martin-de-Crau (second mercredi du mois de février) permettant l’identification électronique des chiens et le recensement des propriétaires.

Renseignements : Association de Sauvegarde du chien « Berger de Crau ».
Les Glycines, avenue de Céret, 13310 Saint-Martin-de-Crau
chiendecrau@gmail.com

Télécharger le document : Association de Sauvergarde du Chien « Berger de Crau »

LA ROUTO. SUR LES PAS DE LA TRANSHUMANCE

Le projet La Routo est issu de plus de dix ans d’échanges entre de nombreux partenaires des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Piémont. Il a pour ambition la mise en œuvre et l’animation d’un itinéraire et d’un réseau transfrontaliers reliant la plaine de la Crau à la vallée de la Stura, sur les traces des troupeaux ovins qui pratiquaient la grande transhumance estivale depuis les plaines de basse Provence jusqu’aux vallées alpines du Piémont.
Cet itinéraire, qui s’appuie sur les anciennes drailles et carraires de transhumance, a vocation à être homologué sentier de Grande Randonnée par la Fédération Française de Randonnée. A ce titre, l’avant-projet de GR® a ainsi reçu un avis favorable de la FFRandonnée en avril 2015 et un numéro : le GR 69.
Véritable outil de développement durable des territoires, La Routo associe l’ensemble des filières agricole, gastronomique, touristique, artisanale, environnementale et patrimoniale autour d’une thématique fortement identitaire dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Piémont.
La Routo correspond aux nouvelles attentes du public en faveur d’un tourisme de patrimoine, de découverte, de partage et d’échange équitable. Il a bénéficié d’un programme européen de type ALCOTRA (août 2011 – octobre 2013), sur la mesure de référence « Economie Rurale ». Intitulé « La Routo. Produits et métiers de la transhumance », le chef de file en était la Maison Régionale de l’Elevage et le partenaire italien la Comunità Montana Valle Stura. Ce programme a notamment permis de consolider les partenariats avec les organisations professionnelles françaises d’élevage (Chambres d’agriculture, CERPAM, EPLA Digne-Carmejane, Institut de l’Elevage, Maison de la transhumance…) et italiennes (Consorzio l’Escaroun, Cooperativa Lou Barmaset…), donnant de solides bases au projet.
L’objectif, désormais, par le biais de financements en cours de recherche, est de finaliser la mise en place du sentier et de l’offre agritouristique associée, puis de faire de La Routo un itinéraire transfrontalier emblématique de la grande itinérance, reliant les plaines de Provence aux montagnes alpines.

Renseignements : Maison de la transhumance


Télécharger la brochure « La Routo »

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